En Image à Frida Kahlo
   
En Image à Frida Kahlo


« A tribute to Frida Kahlo » est une série de photographie plasticienne résultant d’un travail personnel autour de l’incroyable peintre mexicaine au destin bouleversant.
Femme engagée, révoltée et audacieuse, forte quoique brisée par la maladie, libérée et à la fois dépendante amoureusement, débordant de vie mais espérant la mort… dont André Breton disait que l’art était « un ruban autour d’une bombe ».

« A tribute to Frida Khalo » se veut le premier opus d’une série intitulée « En Image à nos Mères » dont le but est double puisqu’il s’agit de rendre hommage à quelques figures exceptionnelles qui ont marqué l’Histoire humaine comme artistique, tout en nous interrogeant sur l’évolution du statut de la photographie et son interprétation actuelle.
En effet, dans cette époque du numérique où nous surconsommons des images à tout va, où nous copie-collons à la gâchette, où les visuels deviennent « réseauxsociauxconversationnels », qu’en est-il du réel processus créatif et de sa réception ?
De la figure emblématique au modèle, de l’icône à la reproduction de l’image pour arriver au visuel, dès lors transformable en « logo » ou « marque », déclinable et « partageable » à l’infini…
Bref, ne serait-il pas temps de distinguer à nouveau l’existence bénéfique d’acquis culturels, le plagiat facile et abrutissant, la captation mécanique de pixels, et les fruits visuels issus de réelles démarches artistiques, pour enfin redonner du sens aux « images » ?

«(…) Ne confondons pas les illustrateurs, les auteurs et les artistes. Pourquoi pose-t-on toujours la question du matériel au photographe ? Pourquoi ne demande-t-on pas au peintre la marque de ses pinceaux ? En photographie, comme en peinture, c’est l’idée qui est primordiale.
La « cosa mentale » disait déjà Léonard de Vinci. Alors pourquoi toutes ces images ?
Notre société avance à petits pas mais sûrement vers des conduites addictives. Toute la journée nous croisons des milliers d’images qui ont pour seul but de nous donner envie de consommer tout et son contraire. C’est la nouvelle religion.(…)Savoir lire, décoder nos images devient une priorité. En 1928, un certain Moholy Nagy entonnait : « Le futur analphabète sera celui qui ne saura pas lire les photographies ». En 2010, il aurait dit les images ! » (extrait de la page 37 des
Chroniques iconoclastes 2009-2011 de Donatien ROUSSEAU, éditions LE BLEU DU TARN)




Question forme, il s’agit principalement d’autoportraits.
J’ai traité les photos de manière à rendre leur aspect proche de celui de la peinture et elles sont présentées imprimées sur toile de format 60x80cm.Cette série compte une vingtaine de créations.
Elle pourrait se diviser en trois parties.
 Dans la première, la plus « premier degré », je reprends les thèmes chers à Frida ainsi que ces symboles plastiques. C’est un hommage même si j’y mets déjà mon interprétation et ma personne (sens propre et figuré). Peut-on être neutre dans la création ?
La seconde partie entame un dialogue avec l’œuvre de Frida et l’invite dans le 21ième siècle.
La troisième soulève la question du modèle, de la représentation et de l’appropriation d’une icone. Le problème du « personnage » dont on peut penser que Frida et Diego étaient, de manière très moderne et anticipative, pleinement conscients (costumes, mise en scène des deux pièces scellées de la Casa Azul, protégeant autant que dévoilant leur vie privée,...). La mise en abyme prend un galon de plus puisque j’y incarne Frida qui, elle-même, se mettrait à la place d’une autre personnalité (mais conserverait la sienne).











Frida 1
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